07 décembre 2008
Eths - Bulimiarexia
Aucune hésitation, cet album est pour moi L'album par excellence.
Métal, Baroque, Impulsif, Surprenant, gore même par moments. Des paroles encore plus mystérieuses et intenses, et pourtant on est bel et bien dans l'univers d'Eths. En un mot donc : D I V I N .
Et Candice ( non je ne joue pas la fan-emo-goth-pré-ado de douze ans...), il faut bien l'avouer, est tout ce qu'on voudra de superlatifs : charismatique, sensationelle, bluffante, ahurissante; déconcertante...
Malgré leur notoriété plutôt grandissante, Eths reste ( à mon grand bonheur ) Eths : DU LOURD ! Guitares, batterie, basse : tout y est ! Et le chant, ou devrais-je dire l'alternance chant - hurlements est, fiou, indescriptible, mais bougre que c'est bon !
Et le meilleur ( toujours pour la fin eheh ), c'est qu'ils ne sont absolument pas décevants en concert ( c'est du vécu, deux fois pour ma part ) . Toujours une ambiance excellente. Que du bon en résumé, du très très bon !

Mes chairs internes digèrent ces peuplades ichtyophages
Ma peau arrachée mes os aiguisés ma tête fuselée
Réduite d'arrêtes parfaite
Je hais ces poissons qui me mènent vers le fond
De bile en phlegmon je tiens ma folie bâillonnée sous ma vie
Sous mon lit traîne les furies Je sais que j'empire je sais qui je suis
Putain de chienne, enceinte de la haine
Renifle ce goût infect qui traîne, miel organique
Pourriture sucrée nourrie engorgée d'une crème psychiatrique
Déshabille le chaos, inaudible de peau réversible
Ma faim excessive,
Ce venin fuit dans mes tuyaux graisseux qui toussent
Regarde moi salope vomir salope m'assouvir salope
Regarde moi salope
Ces demi lionnes aboient leurs pannes
Vomissent leur vide leur extrait de suicide
Parfaite ascension d'une fascination
Mon corps qui dort.
Jeanne Benameur Laver les Ombres
Je dois dire que j'ai été fortement surprise, cet ouvrage m'a laissée tout sauf indifférente. Je ne m'attendais pas à une telle force d'écriture, à une telle puissance des mots.
<< Contraindre un corps qui se refuse au plaisir pour attirer le vide,
pour suspendre l’équilibre du monde : c’est Lea quand elle danse,
c’était sa mère quand elle devait « aimer » les hommes. Par une nuit
d’orage en bord de mer, mère et fille acceptent enfin de briser les
digues.>>
L'intrigue n'est pas compliquée, mais elle se marie parfaitement au style de l'auteur : simple et efficace. Et si on rentre facilement dans l'ouvrage, on a cependant beaucoup plus de mal à en sortir. Éprouvant, car celui-ci n'est pas très long, le point final arrive très vite. C'est d'ailleurs le seul petit reproche ( aussi minime soit-il ) que je pourrait faire: j'en veux encore ! ( excessive ? si peu ... =) ).
Un très bon livre donc, où les émotions sont mises à forte contribution, les sens stimulés comme j'aime. La dimension psychologique des personnages est plutôt bien représentée, les personnalités sont attachantes.
Pour un premier contact avec l'auteur, il m'apparait très réussi. J'ai vraiment prit plaisir à la lecture, et je ne rechignerais pas devant un autre de ses ouvrages.

